Dekuple prend le contrôle de l’agence italienne SAY

Dekuple prend le contrôle de l’agence italienne SAY

Le 14 octobre 2026, Dekuple a annoncé une prise de participation majoritaire dans SAY, agence italienne de communication marketing omnicanale basée à Padoue et à Milan. L’opération passe par ADLPerformance, filiale du groupe. Elle précède son annonce : SAY est consolidée dans les comptes de Dekuple depuis le 1er octobre 2026, soit treize jours avant le communiqué. Le montant de la transaction et le pourcentage du capital acquis ne sont pas communiqués, selon le communiqué diffusé via GlobeNewswire et les reprises de The Media Leader, Option Finance et MarketScreener.

Pourquoi Dekuple choisit l’Italie, et SAY en particulier

L’opération prolonge un mouvement engagé début 2026, quand Dekuple a ouvert à Milan une filiale de sa marque Converteo. SAY est donc la deuxième étape de l’implantation italienne du groupe, qui l’inscrit dans sa stratégie « Ambition 2030 » : un modèle MarTech intégré et un renforcement sur les marchés européens.

Côté acquéreur, quelques repères de taille. Dekuple, fondé en 1972, compte plus de 1 200 collaborateurs et affichait un chiffre d’affaires consolidé supérieur à 200 millions d’euros en 2025. Le groupe opère en Europe, en Amérique du Nord, en Chine et au Moyen-Orient.

Côté cible, SAY a été fondée en 2004 et emploie plus de 70 personnes. Son offre repose sur trois piliers : la créativité, la performance et les relations publiques. Son portefeuille comprend Italo Treno, Tigotà, Nims (groupe Lavazza), Miele, Schüco et le Comité International Olympique. Selon le communiqué de Dekuple, l’agence apporte au groupe des compétences en SEO avancé, GEO, UX, data analytics et IA. Cette présentation émane de l’acquéreur : aucune source indépendante ne la corrobore à ce stade. Pour un groupe positionné sur la performance et la donnée, l’intérêt tient à l’ajout d’une agence qui combine création et relations publiques, deux registres moins centraux dans le modèle MarTech du groupe.

Le PDG Bertrand Laurioz évoque l’ambition de bâtir un « triangle d’or entre l’Italie, la Pologne et la France ». Dekuple affiche aussi l’objectif de créer des synergies autour de l’IA générative et d’étendre son offre de performance via la Boost Factory. Ce sont des objectifs annoncés : le communiqué ne livre ni calendrier ni résultat chiffré, et rien ne permet de les tenir pour acquis. Ce qui est établi, c’est l’entrée de SAY dans le périmètre du groupe et l’accès de Dekuple à ses équipes et à ses références clients. Les marques de l’écosystème Dekuple, comme les agences web régionales qui se positionnent sur la visibilité en ligne, évoluent dans un marché où la consolidation par acquisitions successives devient une façon courante de monter en gamme sur le SEO et la donnée.

Ce qui change pour SAY, ce qui ne change pas

Les quatre partenaires de SAY, Alberto Baracco, Nicola Bruno, Giovanni Cecolin et Marco Dalla Dea, conservent leurs fonctions et gardent une participation au capital. L’agence maintient son identité et son branding. Pour un annonceur, cela signifie que les interlocuteurs de référence restent en place et que la marque SAY continue d’exister.

Au-delà de ces points, le communiqué n’annonce rien sur l’organisation, les équipes ou le portefeuille clients : ni suppressions de postes, ni transferts de comptes, ni changement de nom. Il serait hasardeux d’en déduire des conséquences opérationnelles. La structure de gouvernance reste à observer dans la durée, d’autant que le maintien des associés au capital laisse ouverte la question du partage des parts entre eux et Dekuple.

Ce que l’on ne sait pas encore

Deux informations manquent, et elles pèsent sur la lecture de l’opération. Le pourcentage exact du capital détenu par Dekuple n’est pas précisé : « majoritaire » indique le contrôle, mais pas son degré réel ni la répartition avec les quatre partenaires. Le montant de la transaction n’est pas divulgué, ce qui interdit toute lecture de la valorisation de l’agence ou de l’ampleur financière de l’opération. Les sources consultées ne se contredisent pas, mais elles reprennent toutes la même base : le communiqué de l’acquéreur. Les résultats de SAY (chiffre d’affaires, rentabilité) ne figurent pas non plus dans ces documents.

Pour la veille, trois points méritent d’être suivis :

  • un éventuel détail financier, dans les documents du groupe ou la presse spécialisée ;
  • la traduction concrète de l’offre IA et GEO, et de la Boost Factory, dans les propositions commerciales de SAY et de Dekuple ;
  • d’éventuelles nouvelles opérations de Dekuple en Europe, notamment en Pologne, que le PDG cite dans son « triangle d’or ».