Red Bull, Monster Energy, Ciao Energy : des parlementaires demandent l’interdiction de vente aux moins de 16 ans

Boissons énergisantes interdites aux moins de 16 ans : où en est vraiment la proposition parlementaire

L’interdiction n’est pas en vigueur. Au 11 octobre 2026, l’amendement déposé par les députés Sandrine Runel (PS) et Yannick Neuder (Droite républicaine/LR) au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 figurait avec le statut « en attente » dans le suivi parlementaire. Aucune obligation nouvelle ne s’applique aujourd’hui aux distributeurs ni aux marques.

Ce que l’amendement prévoit exactement

Le 7 octobre 2026, Runel et Neuder ont présenté un rapport d’information devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Ce rapport formule six recommandations, dont l’une vise à interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16 ans dans tous les points de vente. Les cinq autres recommandations ne sont pas documentées dans les sources disponibles à ce stade.

Le lendemain, le 8 octobre 2026, les deux co-rapporteurs ont traduit cette recommandation en amendement au PLFSS 2027. L’initiative réunit un profil bipartisan – gauche socialiste et droite républicaine – ce qui lui confère une visibilité politique au-delà d’un clivage habituel, sans préjuger de son issue en commission ou en séance.

Les produits visés, tels que cités dans les travaux parlementaires, comprennent Red Bull, Monster Energy et Ciao Energy. Le seuil retenu est 16 ans, avec une interdiction portant sur l’ensemble des points de vente, sans restriction géographique ou de format.

Ce que ça changerait pour les distributeurs si la mesure passe

L’adoption de l’amendement créerait plusieurs contraintes opérationnelles directes, dont l’intensité varie selon le canal.

Le contrôle de l’âge en caisse serait la contrainte la plus transversale : chaque vente de boisson énergisante devrait faire l’objet d’une vérification, sur le modèle de ce qui existe pour l’alcool et le tabac. Cela implique une mise à jour des protocoles caisse, une formation des équipes et potentiellement une adaptation des systèmes de point de vente.

Le retrait des zones en libre accès aux mineurs serait une seconde exigence. Dans un hypermarché ou une station-service, cela peut se traduire par un repositionnement du rayon ou un balisage spécifique. Dans un distributeur automatique installé dans un établissement scolaire ou un espace fréquenté par des collégiens, la contrainte devient structurelle : le distributeur lui-même devrait être retiré ou neutralisé pour ces références, faute de pouvoir y intégrer un contrôle d’âge fiable.

L’impact sur les volumes dépend d’une variable que la recherche disponible ne permet pas de chiffrer : la part des moins de 16 ans dans les acheteurs actuels de ces références, selon le circuit. Un hypermarché avec une clientèle adulte majoritaire sera moins exposé qu’une épicerie de proximité ou une station-service à proximité d’un lycée. C’est ce ratio – à évaluer canal par canal – qui détermine l’exposition réelle de chaque acteur.

Quelle veille mettre en place maintenant

À ce stade, la seule action utile est de suivre l’avancement du PLFSS 2027 : vote en commission des affaires sociales, passage en séance à l’Assemblée, puis éventuel examen au Sénat. Si l’amendement est rejeté ou retiré, aucune contrainte nouvelle ne s’applique. S’il est adopté, le délai de mise en conformité sera déterminé par le texte final de la loi.

Réorganiser les rayons ou modifier les contrats de distribution avant ce vote serait prématuré. En revanche, cartographier dès maintenant les formats et emplacements les plus exposés – distributeurs automatiques en milieu scolaire, formats de proximité à fort trafic jeune – permet d’avoir un plan d’action prêt, sans l’activer avant que la décision soit prise.