E-commerce : Booking com grimpe sur le podium, porté par les vacances d'été

Booking.com monte sur le podium de l’e-commerce français au deuxième trimestre 2026

Le baromètre FEVAD/Médiamétrie//NetRatings du deuxième trimestre 2026, publié autour du 9 septembre 2026, photographie une audience e-commerce en France où le secteur voyage reprend une place visible. Booking.com en est le principal bénéficiaire, avec une entrée directe dans le trio de tête national.

Amazon et Leboncoin toujours en tête, Booking.com s’installe à la troisième place

Le classement conserve sa hiérarchie habituelle aux deux premières positions. Amazon domine avec 41,2 millions de visiteurs uniques mensuels, un score qui consolide son avance structurelle sur l’ensemble des acteurs du commerce en ligne en France. Leboncoin suit avec 32,1 millions de visiteurs mensuels, preuve que la marketplace généraliste à petites annonces reste un réflexe de consommation ancré dans les usages français.

C’est à la troisième marche que le trimestre réserve son mouvement le plus commenté : Booking.com décroche le bronze du classement, reléguant les sites qui occupaient habituellement cette position — les enseignes retail comme Cdiscount ou des plateformes de mode. Cette troisième place est mesurée tous canaux confondus (ordinateur, mobile, tablette), selon la méthodologie Médiamétrie//NetRatings appliquée au périmètre top 20 e-commerce. Ce n’est pas un accident de mesure : la plateforme de réservation hôtelière agrège un volume d’audience suffisant sur le trimestre pour dépasser des concurrents dont les audiences sont pourtant solides le reste de l’année.

Ce résultat illustre à quel point un pic saisonnier peut redistribuer les cartes d’un classement trimestriel. Sur l’ensemble d’une année civile, les grandes enseignes de retail s’installeraient probablement plus haut. Le T2 2026, lui, appartient au voyage.

Les vacances d’été, moteur direct de la progression de Booking.com

Le deuxième trimestre, qui couvre avril, mai et juin, correspond précisément à la fenêtre de réservation des vacances estivales. C’est durant ces trois mois que la majorité des Français arbitrent leurs hébergements pour juillet et août : hôtels, appartements, maisons de vacances. Booking.com capte l’essentiel de ce flux de décision, avec une profondeur d’inventaire mondial qui attire aussi bien les voyageurs partant en Europe que ceux qui organisent des séjours longue distance.

Les OTA (Online Travel Agencies) fonctionnent selon un modèle d’audience décalé par rapport au retail classique. L’achat d’un billet ou la réservation d’un hôtel intervient souvent plusieurs semaines avant le départ effectif. Résultat : le pic de trafic mesurable sur Booking.com se concentre sur le printemps, pas sur l’été. C’est une mécanique bien documentée par les baromètres Médiamétrie successifs depuis la reprise post-Covid du secteur voyages.

La plateforme bénéficie par ailleurs d’un effet d’entonnoir : un même utilisateur peut visiter Booking.com plusieurs fois pour comparer des dates, ajuster des destinations ou finaliser un choix. Cela gonfle mécaniquement le nombre de sessions et contribue à maintenir des visiteurs uniques mensuels élevés sur l’ensemble du trimestre, là où un site de prêt-à-porter, par exemple, génère des visites plus ponctuelles.

Le voyage reprend du poids dans le top 20

Au-delà du seul cas Booking.com, le baromètre T2 2026 signale une dynamique sectorielle plus large. D’autres acteurs du voyage progressent dans le classement. SNCF Connect, qui centralise réservations de trains et d’intermodalité, figure dans le top 20 avec des chiffres d’audience cohérents avec la période des grands départs programmés. Airbnb, dont le modèle de location entre particuliers attire une clientèle différente de celle des OTA traditionnelles, affiche également une audience renforcée sur ce trimestre.

Ce mouvement collectif suggère que le secteur voyage regagne des parts d’audience dans l’e-commerce français après des trimestres dominés par le retail, le drive alimentaire et les marketplaces généralistes. La reprise de 2023-2024 avait déjà réinstallé les plateformes de voyage dans le top 20, mais leur poids fluctuait selon les trimestres. Le T2 2026 confirme que cette présence est désormais régulière et capable de peser sur les positions intermédiaires du classement.

Expedia et ses marques associées restent plus discrètes dans les données françaises, où Booking.com écrase le marché OTA en notoriété et en volume. La concentration du trafic voyage sur une poignée d’acteurs — Booking.com, SNCF Connect, Airbnb — explique pourquoi le secteur pèse autant dans le classement global dès lors que la saisonnalité joue en sa faveur.

Ce que ce classement dit du comportement des internautes français au printemps 2026

Le baromètre FEVAD/Médiamétrie est une photographie trimestrielle, pas un indicateur de tendance structurelle. Mesurer les visiteurs uniques sur avril-juin 2026 capture un état précis des arbitrages de consommation en ligne à ce moment, avec ses biais saisonniers assumés. Comparer ce T2 à un T4 dominé par le Black Friday et Noël serait méthodologiquement incorrect : les usages, les intentionnistes et les catégories de produits recherchés n’ont rien de commun.

Ce que les chiffres révèlent concrètement, c’est que les internautes français utilisent des plateformes spécialisées pour des actes d’achat à forte valeur unitaire — un séjour coûte en moyenne bien plus qu’un achat sur Amazon — et que cette décision se prend en ligne, sur mobile notamment. La méthodologie tous canaux de Médiamétrie intègre le trafic applicatif, ce qui avantage Booking.com dont l’app mobile affiche des taux d’usage élevés chez les voyageurs réguliers.

Pour les acteurs du retail, ce classement trimestriel pose une question opérationnelle : comment maintenir leur audience et leur part de voix quand la saisonnalité déplace les intentions d’achat vers des catégories qu’ils ne couvrent pas ? Le T2 2026 montre que l’e-commerce français reste un marché fragmenté par cycle, où le leader de trimestre n’est pas nécessairement celui qui convertit le mieux sur l’année.