Le 4 septembre 2026, AdCreative.ai a diffusé via PRNewswire un communiqué annonçant qu’Intermarché Belgique avait réduit de 40 % son temps de production créative grâce à l’adoption de sa plateforme. C’est un chiffre qui mérite attention, mais aussi une lecture rigoureuse : il vient d’une seule source, celle du prestataire lui-même.
Ce que recouvre concrètement ce gain de 40 %
Dans la production publicitaire d’une enseigne de grande distribution, le temps de création ne désigne pas uniquement le travail d’un graphiste devant son écran. Il englobe les allers-retours de validation, les déclinaisons de formats pour différents canaux, les adaptations de visuels d’un magasin à l’autre, et la mise à jour récurrente des prix ou des promotions. Réduire ce cycle de 40 %, c’est agir sur plusieurs de ces étapes à la fois.
AdCreative.ai automatise la génération de visuels publicitaires à partir de gabarits paramétrables : les équipes renseignent un produit, un prix, une accroche, et la plateforme produit des déclinaisons adaptées aux différents formats (réseaux sociaux, affichage digital, bannières web). Dans un réseau comme Intermarché Belgique, où les opérations promotionnelles peuvent changer chaque semaine, cette capacité à générer rapidement des variantes change le volume de travail manuel absorbé par les équipes marketing et communication.
Le communiqué ne précise pas combien de visuels sont traités mensuellement, ni combien de personnes composent l’équipe créative concernée. On ignore également si ce gain de 40 % s’applique à l’ensemble du flux de production ou à une portion spécifique — par exemple les campagnes digitales locales, plus facilement automatisables que les supports print régionaux. Ces zones d’ombre n’invalident pas le résultat annoncé, mais elles empêchent d’en mesurer précisément l’impact organisationnel.
Ce qu’on peut raisonnablement inférer : si le temps de production diminue de cette ampleur, les équipes gagnent soit en capacité à traiter davantage de campagnes simultanées, soit en bande passante pour des tâches à plus forte valeur ajoutée — conception stratégique, test de messages, analyse de performance. Les deux scénarios sont plausibles dans un réseau à fort volume de communications locales.
Intermarché Belgique, un réseau de 162 magasins aux contraintes publicitaires spécifiques
Intermarché est présent en Belgique avec 162 magasins répartis en Wallonie et à Bruxelles, un maillage territorial densifié notamment après l’intégration des enseignes Mestdagh. Ce rachat avait permis au groupement Les Mousquetaires d’absorber un opérateur historique du commerce alimentaire belge et d’étendre rapidement son empreinte dans des zones où il était peu représenté.
Ce contexte d’expansion crée des contraintes spécifiques en communication. Chaque magasin appartient à un indépendant, le modèle Mousquetaires reposant sur des adhérents propriétaires de leurs points de vente. Cela signifie que les campagnes nationales ou régionales doivent souvent coexister avec des opérations locales propres à chaque exploitant — une promotion sur les produits frais à Liège ne sera pas nécessairement la même qu’à Charleroi ou à Ixelles.
L’orientation stratégique d’Intermarché Belgique autour de la proximité et des produits frais préparés sur place amplifie encore ce besoin de personnalisation. Un rayon boucherie ou une poissonnerie avec production maison génère des communications spécifiques — mises en avant saisonnières, recettes, origine des produits — qui ne peuvent pas toujours être standardisées à l’échelle nationale. Le volume de déclinaisons créatives à produire est donc structurellement élevé.
Pour une équipe marketing centrale qui doit servir 162 points de vente avec des besoins partiellement différenciés, la pression sur la production de visuels est réelle. Une campagne promotionnelle hebdomadaire déclinée sur cinq formats digitaux pour une cinquantaine de magasins avec des prix distincts représente déjà plusieurs centaines de fichiers à gérer. L’automatisation via une plateforme IA répond à une contrainte opérationnelle documentée dans la distribution, même si les chiffres précis propres à Intermarché Belgique ne sont pas publics.
AdCreative.ai, une plateforme du groupe Appier positionnée sur la création publicitaire automatisée
AdCreative.ai se définit comme une plateforme native IA pour la production publicitaire. L’entreprise appartient au groupe japonais Appier, coté au Tokyo Stock Exchange depuis 2021, qui positionne ses différentes filiales sur l’ensemble de la chaîne de valeur du marketing digital — ciblage, personnalisation, création de contenu. AdCreative.ai couvre spécifiquement le segment de la génération automatisée de visuels et de textes publicitaires.
Le communiqué du 4 septembre 2026 est diffusé depuis Paris, ce qui reflète la stratégie de déploiement commercial européen d’Appier, dont la filiale française constitue un hub pour les marchés francophones et d’Europe de l’Ouest. L’annonce du cas Intermarché Belgique s’inscrit dans cette logique : un client retail de taille significative sur un marché européen sert de référence pour accélérer les déploiements auprès d’autres enseignes comparables.
La plateforme fonctionne en s’appuyant sur des modèles entraînés sur des données publicitaires sectorielles. Elle génère des variantes de visuels en intégrant les éléments fournis par l’annonceur — identité de marque, catalogue produits, contraintes de format — et propose des combinaisons optimisées selon des critères de performance historique. Dans le secteur retail, ce type d’outil s’est imposé principalement pour les campagnes digitales, là où le volume de formats requis et la fréquence des rotations rendent la production manuelle coûteuse.
Appier n’est pas le seul acteur sur ce segment. Des plateformes comme Smartly.io, Pencil ou encore les outils natifs de Meta et Google permettent des automatisations créatives comparables. Ce qui différencie AdCreative.ai dans son discours commercial, c’est l’accent mis sur la génération complète de visuels plutôt que sur la seule optimisation de diffusion — un positionnement qui cible les équipes créatives autant que les acheteurs médias.
Des chiffres issus d’un seul communiqué : ce qu’on peut en retenir
Le chiffre de 40 % de réduction du temps de production créative provient exclusivement du communiqué d’AdCreative.ai. Aucun media indépendant belge ou spécialisé en grande distribution n’avait relayé ni confirmé ce résultat à la date de publication. Intermarché Belgique n’a pas, à ce stade, émis de prise de parole propre sur le sujet.
Cette situation est courante dans la communication B2B autour des études de cas clients : c’est le prestataire qui publie, avec l’accord du client, des résultats favorables à sa démonstration commerciale. Le biais de sélection est structurel — les cas peu concluants ne font pas l’objet de communiqués de presse. Cela ne signifie pas que les résultats sont fabriqués, mais que leur portée doit être évaluée avec ce filtre en tête.
Ce que le communiqué ne précise pas : la durée de la période de mesure, le périmètre exact des campagnes concernées, la méthode de calcul du gain de temps, et si des économies budgétaires ont accompagné cette réduction. Un gain de 40 % sur un flux qui représente deux jours de travail par semaine n’a pas la même valeur qu’un gain équivalent sur un flux qui mobilisait une équipe complète à temps plein.
Cela dit, le cas reste utile comme signal de marché. Que l’un des réseaux de distribution les plus actifs de Wallonie adopte une solution d’automatisation créative IA et accepte d’en communiquer publiquement les résultats dit quelque chose sur l’état de maturité de ces outils dans le retail francophone. Pour les directions marketing de la distribution qui suivent ces déploiements, c’est une donnée à mettre en regard d’autres retours terrain avant d’en tirer des conclusions sur leur propre contexte.