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Avis sur la CARPIMKO : ce que pensent vraiment les paramédicaux libéraux

Quand on s’installe en libéral – infirmière, kiné, orthophoniste, podologue ou orthoptiste – la CARPIMKO arrive très vite dans le paysage. C’est l’organisme auquel vous cotisez obligatoirement dès votre premier acte libéral, que vous le souhaitiez ou non.

Mais au-delà de cette obligation légale, qu’en pensent vraiment ceux qui y sont affiliés au quotidien ? Quelles sont les forces réelles de la caisse, ses limites documentées, et les points qui font grincer des dents sur le terrain ? Ce guide fait le tour honnête de la question, chiffres à l’appui.

C’est quoi exactement la CARPIMKO ?

La CARPIMKO – Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-podologues, Orthophonistes et Orthoptistes – a été créée en 1948. Elle couvre aujourd’hui plus de 235 000 cotisants, tous auxiliaires médicaux libéraux exerçant en France métropolitaine et dans les DOM.

Concrètement, elle gère quatre régimes obligatoires : la retraite de base, la retraite complémentaire, le régime invalidité-décès, et l’Avantage Social Vieillesse (ASV) – ce dernier uniquement pour les professionnels conventionnés, cofinancé en partie par l’Assurance Maladie.

L’affiliation se fait automatiquement depuis votre déclaration d’activité à l’URSSAF. Elle prend effet dès le premier jour du trimestre suivant votre premier acte libéral. Depuis janvier 2025, la gestion de la retraite des professions libérales s’intègre progressivement dans la nouvelle Caisse nationale de retraite universelle (CNRU), créant une période de transition à surveiller.

Ce que les affiliés apprécient dans la CARPIMKO

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Commençons par ce qui fonctionne. L’espace personnel en ligne est régulièrement cité comme un vrai point fort par les professionnels.

Il centralise le suivi des cotisations, le relevé de carrière, les demandes de retraite, et permet de moduler les revenus déclarés en cours d’année selon les hauts et les bas de l’activité. Une souplesse appréciable quand on est indépendant.

La couverture invalidité-décès est également un atout reconnu. Pour 1 022 € de cotisation forfaitaire par an en 2025, le régime garantit une rente en cas d’incapacité partielle (10 080 € par an) ou totale (20 160 € par an), ainsi qu’un capital décès allant jusqu’à 54 432 € en présence d’enfants à charge.

L’exonération de cotisations en cas d’arrêt prolongé est aussi bien perçue. Au-delà de 6 mois d’incapacité médicalement reconnue, les cotisations sont suspendues – sauf l’ASV – sans impact sur les droits à la retraite. Pour des métiers aussi physiquement exigeants que kiné ou infirmière libérale, c’est une protection non négligeable.

Enfin, la caisse propose un simulateur en ligne pour estimer sa future pension selon les cotisations versées. Utile – même si, comme on le verra, le résultat invite souvent à compléter rapidement.

Quels sont les avis des employés sur CARPIMKO ?

C’est là que ça se complique. Et les professionnels de santé libéraux ne mâchent pas leurs mots sur ce sujet.

La critique la plus récurrente concerne les indemnités journalières. En 2025, leur montant est de 55,44 € par jour, soit environ 1 663 € par mois. Pour une infirmière libérale dont le revenu net médian tourne autour de 3 800 €/mois, cela représente moins de 50 % du revenu habituel.

Et ce n’est versé qu’à partir du 91e jour d’arrêt de travail – les trois premiers mois dépendant de la CPAM et partiellement du professionnel lui-même.

Ce délai de carence de 90 jours est souvent découvert au moment de l’arrêt, pas avant. Beaucoup d’affiliés réalisent trop tard que les 3 premiers mois d’arrêt constituent un angle mort financier majeur, surtout quand les charges du cabinet continuent de courir : loyer, RC Pro, cotisations sociales, comptable.

Autre point de friction : les mauvaises surprises à la régularisation. La première année, les cotisations sont calculées sur une base forfaitaire basse. Quand les revenus réels sont connus, la régularisation peut générer un appel de cotisations de plusieurs milliers d’euros d’un coup.

Ce mécanisme est souvent mal anticipé par les jeunes installés – et il peut mettre la trésorerie à rude épreuve.

La réforme de janvier 2025 a également suscité des réactions négatives. La majoration pour conjoint à charge a été supprimée, et la majoration par enfant à charge a été divisée par deux, passant de 16,63 € à 8,06 € par jour.

Des modifications qui ont réduit la protection des affiliés avec famille, perçues comme des reculs sans concertation suffisante.

Enfin, le niveau de la pension de retraite finale fait consensus chez les experts-comptables spécialisés en santé : la retraite CARPIMKO seule ne permet pas de maintenir son niveau de vie. Le simulateur de la caisse le confirme d’ailleurs lui-même, en suggérant implicitement d’anticiper avec des dispositifs complémentaires.

Combien coûtent les cotisations à la CARPIMKO en 2025 ?

Quels sont les avis des employés sur CARPIMKO

Voici les montants des quatre régimes pour 2025, tels que publiés par la caisse :

RégimeCotisation 2025
Retraite de base8,23 % jusqu’à 47 100 € / 1,87 % au-delà
Retraite complémentaire2 312 € forfaitaires + 3 % entre 25 246 € et 237 179 €
Invalidité-décès1 022 € forfaitaires
ASV (conventionnés uniquement)222 € + 0,4 % des revenus conventionnés (+ 443 € à la charge de la CPAM)

Pour un kiné libéral gagnant 50 000 € nets par an, le total des cotisations CARPIMKO dépasse facilement 5 000 € annuels. En début de carrière, quand les revenus sont encore en construction, ce poids financier peut être difficile à absorber – d’autant que la régularisation de la première année peut réserver des surprises à la hausse.

Faut-il compléter la CARPIMKO avec une prévoyance supplémentaire ?

La réponse des professionnels et des experts-comptables spécialisés en santé est unanime : oui, et sans attendre. La CARPIMKO est un socle obligatoire – pas un filet suffisant à lui seul.

Voici ce qu’une prévoyance complémentaire apporte concrètement, là où la caisse laisse des angles morts :

  • Indemnisation dès le 1er, 8e ou 15e jour d’arrêt selon le contrat, contre 91 jours pour la CARPIMKO seule
  • Montant proportionnel au revenu réel, pas une indemnité forfaitaire déconnectée de votre niveau de vie
  • Couverture des frais professionnels fixes qui continuent de courir pendant l’arrêt (loyer, charges, assurances)
  • Garanties en cas d’invalidité inférieure à 66 % – seuil en dessous duquel la CARPIMKO ne verse rien

Les contrats Madelin permettent en outre de déduire les primes versées du revenu imposable – un avantage fiscal réel pour les libéraux soumis à l’impôt sur le revenu.

Pour la retraite, un Plan Épargne Retraite (PER) ou une assurance-vie complète utilement les droits acquis à la CARPIMKO, dont la valeur du point retraite complémentaire s’établissait à environ 22,14 € en 2024.

La CARPIMKO remplit son rôle de caisse obligatoire pour les 235 000 paramédicaux libéraux qu’elle couvre. Sa structure est solide, son espace numérique s’est modernisé, et ses garanties invalidité-décès offrent une protection réelle.

Mais les retours de terrain pointent des lacunes sérieuses : des indemnités journalières trop basses, un délai de carence long, des régularisations surprenantes en début d’activité, et une pension finale insuffisante pour maintenir son niveau de vie.

La CARPIMKO est un point de départ – à compléter impérativement avec une prévoyance et une épargne retraite adaptées à votre situation personnelle.