SAS Huissiers Réunis et harcèlement

SAS Huissiers Réunis et harcèlement : ce que vous devez savoir pour vous défendre

Recevoir plusieurs appels par jour d’un numéro inconnu, puis découvrir qu’il s’agit d’un cabinet de commissaires de justice réclamant une dette que vous pensiez soldée – ou pire, prescrite : ce scénario est loin d’être rare.

La SELARL Huissiers Réunis cumule des centaines d’avis négatifs sur les plateformes spécialisées, et les témoignages se ressemblent avec une précision troublante.

Avant de payer quoi que ce soit ou de raccrocher sans réagir, vous avez intérêt à comprendre exactement à qui vous avez affaire et ce que la loi vous permet de faire.

Qui sont vraiment les Huissiers Réunis?

La société opère aujourd’hui sous la dénomination SELARL Huissiers Réunis, depuis une décision formelle du 22 décembre 2023 qui a transformé la structure juridique antérieure (SAS) en société d’exercice libéral à responsabilité limitée.

Son siège social est établi Bâtiment B1, 12 allée Irène Joliot-Curie, à Saint-Priest (69800), et son SIREN est le 838 915 320. La société a été créée le 5 avril 2018 et est immatriculée au RCS de Lyon avec un capital social de 173 770 euros.

Avec un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros en 2023 et entre 100 et 199 salariés recensés en 2024, Huissiers Réunis n’est pas un cabinet marginal. La structure compte 9 établissements, dont 8 en activité, ce qui lui permet de couvrir un territoire étendu.

Sur le plan réglementaire, les commissaires de justice exercent depuis le 1er juillet 2022 au sein d’une profession unifiée, issue de la fusion entre huissiers de justice et commissaires-priseurs judiciaires – une réforme portée par le ministère de la Justice.

On dénombre aujourd’hui 3 800 commissaires de justice sur l’ensemble du territoire français. Cette profession est strictement encadrée : tout manquement déontologique peut faire l’objet d’une saisine disciplinaire auprès de la chambre nationale.

Harcèlement de la SAS Huissiers Réunis : de quoi parle-t-on concrètement?

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Les reproches formulés à l’encontre de la structure ne portent pas sur un cas isolé. Sur 402 avis collectés sur plusieurs plateformes spécialisées, la majorité dénonce des pratiques qui sortent clairement du cadre légal du recouvrement amiable.

Les situations décrites reviennent de façon récurrente :

  • Appels téléphoniques répétés plusieurs fois par jour, parfois tôt le matin ou en soirée
  • Courriers menaçants évoquant des saisies sans qu’aucun titre exécutoire n’ait été obtenu
  • Réclamations portant sur des dettes prescrites ou déjà soldées, sans justificatif fourni
  • Pression psychologique visant à obtenir un paiement rapide sans laisser le temps de vérifier la créance

Ce dernier point est particulièrement problématique. Menacer oralement de bloquer un compte bancaire sans disposer d’un titre exécutoire valable relève de l’intimidation pure, pas du recouvrement légal. L’article L. 111-8 du Code des procédures civiles d’exécution est explicite : les frais de recouvrement amiable sont à la charge exclusive du créancier, pas du débiteur. Toute tentative de vous facturer ces frais directement est illégale.

Avis et retours d’expérience sur Huissiers Réunis

Les 25 avis publiés sur Trustpilot et les données agrégées sur d’autres plateformes dessinent un tableau cohérent. Les personnes qui témoignent ne sont pas des mauvais payeurs qui cherchent à esquiver leurs obligations : plusieurs décrivent des situations où la dette était déjà remboursée, ou bien où le montant réclamé ne correspondait à aucun contrat identifiable.

Certains témoignages évoquent un sentiment d’urgence artificielle créé lors des appels, avec des délais impossibles à tenir et des agents qui refusent d’envoyer un document écrit récapitulatif avant paiement. D’autres décrivent des appels répétés sur la ligne professionnelle ou vers des proches, ce qui aggrave considérablement la pression exercée.

Ces retours doivent être interprétés avec méthode : les avis en ligne surreprésentent naturellement les expériences négatives.

Une personne dont le dossier s’est réglé normalement ne prend pas le temps de poster un commentaire. Cela ne disqualifie pas les témoignages négatifs pour autant – leur volume et leur convergence thématique constituent un signal sérieux, que des organismes comme la DGCCRF prennent en compte dans leurs contrôles.

Pour rappel, plus de 26,5 % des sociétés contrôlées par la DGCCRF étaient en infraction en 2023, selon une spécialiste en droit de la consommation.

Si vous recevez des courriers recommandés dont vous n’identifiez pas clairement l’expéditeur, commencez par vérifier l’origine avant d’y répondre.

Ce que dit la loi : vos droits face aux pratiques abusives de recouvrement

SAS Huissiers Réunis et harcèlement avis

Le droit français protège les débiteurs contre les abus, et les textes sont précis. Voici le cadre légal que vous pouvez opposer à tout interlocuteur qui dépasse les bornes :

  • Article L. 111-8 du CPCE : les frais de recouvrement amiable restent à la charge du créancier – vous ne pouvez pas être contraint de les payer
  • Article 222-16 du Code pénal : le harcèlement téléphonique (appels malveillants répétés) est puni jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende
  • Article 222-33-2-2 du Code pénal : le harcèlement moral – dès lors que les contacts répétés dégradent vos conditions de vie et altèrent votre santé psychologique – tombe sous le coup de la loi pénale
  • Exigence du titre exécutoire : aucune saisie-attribution sur compte bancaire n’est légale sans un jugement ou titre exécutoire valable obtenu auprès d’un tribunal

Ces textes ne sont pas des déclarations d’intention. Ils fondent des poursuites concrètes, à condition que vous ayez constitué un dossier de preuves solide avant de saisir les autorités compétentes.

Harcèlement de la SAS Huissiers Réunis : que faire?

La première chose à faire, c’est de documenter systématiquement tout ce qui se passe. Pas de façon vague : notez la date, l’heure, le numéro appelant, le nom de l’agent et le contenu précis de chaque échange. Si votre téléphone le permet, enregistrez les appels – c’est légal dès lors que vous êtes partie à la conversation.

Ensuite, vérifiez la légitimité de la dette avant tout paiement. Exigez par écrit un décompte détaillé de la créance, le nom du créancier d’origine, et la preuve que la dette n’est pas prescrite.

En matière de crédit à la consommation, le délai de prescription est de 2 ans ; pour une dette commerciale, 5 ans. Une dette prescrite ne peut plus être exigée en justice, même si elle existe comptablement.

Si les appels persistent malgré vos demandes d’arrêt formulées par écrit, voici les recours à activer dans l’ordre :

  • Signaler les faits à la DGCCRF via le portail SignalConso
  • Déposer plainte auprès du procureur de la République (lettre recommandée ou dépôt au commissariat) en citant les articles 222-16 et 222-33-2-2 du Code pénal
  • Saisir le médiateur de la chambre nationale des commissaires de justice pour un manquement déontologique
  • Consulter un avocat spécialisé en droit de la consommation pour évaluer une action en responsabilité civile

Si vous vous retrouvez sans ressources et sous pression financière simultanément, les dispositifs d’aide sociale comme les alternatives au chômage et au RSA peuvent offrir un relais le temps de clarifier votre situation.

Les recours légaux restent efficaces mais supposent une démarche proactive

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Les droits existent. Mais le délai entre un signalement à la DGCCRF et une décision concrète peut atteindre plusieurs mois, voire dépasser un an selon la charge des services. Les juridictions pénales sont saturées, et les dossiers de harcèlement téléphonique – faute de preuves suffisantes – sont souvent classés sans suite.

La difficulté principale reste la preuve. Dire qu’on a reçu « beaucoup d’appels » ne suffit pas : il faut des relevés téléphoniques détaillés, des courriers conservés, des témoins si possible. La qualité du dossier conditionne directement l’issue de la procédure.

Le délai joue aussi contre vous si vous attendez trop. Un dépôt de plainte effectué six mois après les faits, sans trace écrite intermédiaire, sera traité avec moins d’efficacité qu’un dossier constitué en temps réel. La même logique s’applique à la prescription de la dette : si vous ne contestez pas à temps, vous perdez des arguments.

Agir vite, documenter systématiquement, et ne jamais payer sous pression sans avoir vérifié la créance : ce sont les trois réflexes qui font la différence entre une situation qui se règle et une situation qui s’enlise. Face à un cabinet qui traite des millions d’euros de recouvrement par an, votre seule asymétrie favorable, c’est la connaissance de vos droits.